ECOLE: BIENTÔT DES COURS POUR APPRENDRE À BIEN MANGER?

ECOLE: BIENTÔT DES COURS POUR APPRENDRE À BIEN MANGER?

juillet 2, 2018 3 Par JMV

L’association Slow Food Suisse veut lancer une initiative populaire pour inscrire dans la Constitution un enseignement à l’alimentation au sein de l’école obligatoire. ​ 

Quelle belle et savoureuse idée !

Une alimentation saine et équilibrée est une des composantes essentielle à la protection de notre bien le plus cher, la santé. Une alimentation saine contribue également au bien-être de chacun. Alors j’apprécie l’idée d’une telle mesure car elle devrait permettre à tous ces futurs adultes de préférer les plats maison à l’alimentation industrielle et au Junk-food !

A quand la même mesure en France ?

La Suisse connaît déjà un programme Jeunesse + Sport, un programme Jeunesse + Musique, instaurera-t-elle bientôt un programme Jeunesse + Goût? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement Slow Food Suisse qui, sous la houlette de son président, Josef Zisyadis, lance sa toute première initiative populaire fédérale. L’argumentaire qui sera soumis en août au Congrès annuel demande qu’un enseignement à l’alimentation dans le cadre de l’école obligatoire soit ancré dans la Constitution. «Cela peut être des cours de cuisine, des dégustations, un potager à l’école ou d’autres initiatives, explique le défenseur du goût. Le but est que les enfants acquièrent les bases de la maîtrise personnelle de leur alimentation future. Sans cela, on livre les adultes de demain à l’agroalimentaire sans qu’ils aient les connaissances pour comprendre ce qu’ils ont dans leurs assiettes.»

Actuellement, le plan d’études romand et le Lehrplan21 alémanique prévoient déjà une éducation nutritionnelle. Mais, selon Josef Zisyadis, les projets seraient assez disparates d’un canton à l’autre. «Certains le font mais d’autres se sentent aussi actuellement libres de ne rien mettre sur pied ou presque. En inscrivant le principe dans la Constitution, la Confédération serait libre de légiférer.»

Quid du financement?

Au niveau du financement, Slow Food propose de compenser les coûts par des économies sur les programmes de promotion de l’OFSP et de Promotion Santé Suisse, l’éducation à l’alimentation étant de nature à remplacer certains programmes. Reste que la nourriture est source de nombreux débats de société. Avec le risque de rencontrer autant de difficultés qu’au moment de l’élaboration d’un programme scolaire de religion?

«Nous espérons fédérer un nombre important de partenaires autour de ce projet, tous ceux qui estiment que cette éducation est importante. Et évidemment que certains auront des points de vue différents. Mais ensuite il appartiendra aux enseignants de dispenser des informations diversifiées et de parler des tendances sans interférer dans les choix de chacun. On va peut-être nous dire que l’alimentation est une affaire privée et que l’école n’a pas à s’en mêler. Et j’aimerais que cela soit le cas. Mais la réalité est que le temps que l’on consacre à cuisiner est de plus en plus court et que de nombreux enfants ne connaissent que les plats industriels. L’alimentation n’est pas secondaire. On mange trois fois par jour. Et parfois mal trois fois par jour. Il est primordial de donner aux futurs citoyens les savoirs indispensables pour se nourrir. Et leur apprendre des gestes simples comme éplucher un légume ou couper une salade.» (Le Matin)

Source : Melina Schroeter / lematin.ch